La cause est entendue : les biocarburants, ou agrocarburants, ne pourront pas être produits par l’agriculture traditionnelle à partir de céréales ou de cannes à sucre. Les bactéries, les levures et les micro-algues, infatigables travailleuses spécialistes de la chimie organique, semblent bien plus adaptées. Plusieurs sont candidates. Un groupe américain en a trouvé une nouvelle.
Elle s’appelle Rhodococcus opacus et est cousine avec Mycobacterium tuberculosis, de sinistre réputation comme l’indique son nom. Ce n’est pas ce lien de parenté qui a éveillé l’intérêt d’Anthony Sinskey, du MIT (Massachusetts Institute of Technology), mais sa voracité. On pourrait dire de R. opacus que, sur le plan de la nourriture, elle n’est pas difficile. Cette bactérie a même été découverte pour la première fois dans des sols contaminés par les hydrocarbures. Car elle mange à peu près tout du moment que l’on y trouve des composés sucrés, sans être gênée par des molécules ordinairement toxiques. De plus, elle est une des rares bactéries à savoir produire une classe particulière de lipides, les tryacylglycérols, que l’on peut convertir facilement en carburant pour moteurs Diesel.